vendredi 17 février 2017

Mon engagement auprès du lactarium

Bonjour

Juste après l'accouchement Princesse a été emmenée en néonatalogie où elle a passé 5 jours. Au début elle était attachée à tout plein de machines avec des fils partout autour et des tuyaux pour la nourrir. Heureusement pour nous cela n'a pas duré fort longtemps.

Dans le service elle faisait partie des rares bébés nés à terme, les autre chambres étant occupées depuis plus ou moins longtemps par des prématurés.

Je connaissais l'univers de la prématurité de loin car ma sœur ayant fait une pré-éclampsie mon neveu d'amour est né à un peu plus de 7 mois. Cette fois-ci j'ai été plongée dedans de façon plus intense car plusieurs fois par jour j'étais face à ces tous petits êtres placés dans des couveuses. Des tous petits bébés qui auraient dû être tranquillement en train de grandir dans le ventre de leur maman et qui au lieu de ça étaient placés en couveuse et recevaient la visite de leurs parents à travers une vitre.

J'ai été touchée par ces papas et ces mamans faisant face avec beaucoup de courage et d'amour.

J'ai vu le personnel médical s'occupant des petits avec des infirmières qui fabriquaient des portes bébés avec les moyens du bord.

Mais j'ai aussi entendu des bébés pleurer, exprimer leur détresse pendant des longues minutes et s'entendre répondre par les infirmières qu'il fallait "attendre car ce n'est pas l'heure".
J'ai entendu des remarques désobligeantes envers des mamans épuisées qui n'avaient pas tiré assez de lait.
Je ne jette pas la pierre au personnel médical qui fait ce qu'il peut avec les moyens qu'il a mais tout cela m'a tres fortement marqué.

À mon retour à la maison il m'a semblé naturel de chercher à faire un geste utile pour ces bébés et ce qui m'est apparu a été de m'engager auprès du Lactarium de Necker en leur proposant de devenir donneuse de lait.
La démarche est simple, après un entretien téléphonique durant lequel on répond à un questionnaire médical un jour de livraison est déterminé.
Ici il s'agit des mercredis. J'ai fait remplir un dossier médical pour mon gynécologue lors du rendez-vous post accouchement puis j'ai fait une prise de sang qui a été récupérée en même temps que mon premier don de lait.

Me voilà partie pour une belle aventure et j'espère par ce petit geste pouvoir aider des familles, d'autant plus qu'en ce moment les stocks sont vides à Necker et ils sont obligés d'aller s'approvisionner auprès d'autres lactariums

mardi 14 février 2017

Quand l'après péridurale fait mal: la brèche

Bonjour

Si vous avez suivi le récit de mon accouchement vous savez que malgré mon envie première de ne pas en passer par là j'ai subi une péridurale.

Le lundi lors de mon premier lever j'ai senti une très forte douleur à la tête et dans le haut du dos. Je n'en ai parlé pensant d'une part que c'était sûrement normal après ce qu'il s'était passé et d'autre part habituée à garder mes douleurs pour moi.

La nuit a été terrible avec les douleurs post césarienne, les gaz et les tranchées mais bizarrement à part une grosse tension entre les épaules, une fois allongée le mal de tête finissait par passer.
Le lendemain mardi les douleurs étaient encore très fortes mais je n'en ai pas parlé de la journée, ce n'est qu'en fin d'après-midi qu'en me questionnant sur ma pâleur j'ai fini par dire à une aide soignante que j'avais mal. Je l'ai vue se fermer et me dire qu'elle allait en parler à un médecin.

J'ai ensuite vu un anesthésiste très arrogant qui m'a auscultée de manière brutale et m'a parlé en me prenant de haut avec un langage manifestement pas destiné au commun des mortels, genre "souffrez vous de douleurs scapulaires?" 
Il est parti sans que j'en sache vraiment plus. 

C'est lors de discussions sur Twitter que l'on m'a parlé de brèche.

Pour simplifier les choses, la brèche arrive lorsque l'aiguille de la péridurale pénètre  trop  profondément dans la colonne vertébrale. Elle crée alors un trou par lequel le liquide céphalo-rachidien (aka celui où baigne le cerveau) fuit. Ce qui explique les douleurs accrues dans la position debout et le calme relatif dans la position allongée.

À cause de la forte réaction que j'ai faite lors de l'anesthésie, l'équipe médicale, rendue frileuse par mon cas a voulu border mon cas avant de me proposer une solution. Je suis donc restée avec mes douleurs atroces jusqu'au vendredi, à devoir prendre sur moi car mon bébé avait besoin de moi et à avancer souvent en pleurant pour lui assurer un minimum de présence à ses côtés. Comme si mon accouchement n'avait pas été assez traumatisant pour moi, cette période a été aussi très dure. J'ai mobilisé le peu de forces que j'avais pour le bébé et lots des visites de PetiteFée j'avais à peine le courage de bouger pour profiter d'elle. Psychologiquement j'en reste marquée.

Finalement c'est le vendredi qu'une anesthésiste a déclaré "on ne peut pas continuer à la laisser souffrir comme ça, je m'en charge". 
J'ai donc subi un blood patch, intervention qui consiste à prélever du sang et le réinjecter au niveau de la brèche. Le sang en coagulant,  bouche cette ouverture. L'effet est magique, au cours de l'intervention les douleurs ont commencé à s'attenuer. Je suis restée allongée 5h et j'ai pleuré de joie cette fois-ci en me relevant. J'étais tellement heureuse que lorsque l'anesthésiste est revenue me voir en fin de journée je l'ai prise dans mes bras en la remerciant.

Deux mois plus tard les maux de tête ne sont qu'un mauvais souvenir mais je garde encore une douleur et une raideur dans le dos au niveau de la péridurale.

mardi 7 février 2017

La guerre des tranchées

Bonjour

Verdun 1916: la guerre fait rage depuis 2 ans déjà et nous sommes au coeur de ce qui s'avère être l'un si ce n'est la plus longue bataille de cette guerre. Les morts s'entassent des deux côtés...

Stop je m'arrête là. Je ne suis pas prof d'histoire et les tranchées dont je veux parler ici ne sont liées à la guerre mais à l'accouchement.

Toi nullipare si tu veux garder ton esprit chaste, arrête ta lecture ici.

Toi primipare, tu as peut être comme moi été prise de court devant ce phénomène post accouchement.

Toi multipare tu es rodée à ce phénomène! Je te présente tout mon respect et te fait part de mon admiration.

Les tranchées sont les contractions qui permettent à l'utérus de revenir à sa taille normale. En effet lors de la grossesse ce muscle passe d'une taille de 6 à 8 cm de hauteur sur 3 à 4 cm de large pour un poids de 50g à un poids d'environ 1,5 kg pour une hauteur d'environ 32 à 34 cm à la fin de la grossesse. Elles permettent aussi de "nettoyer" l'utérus des débris type muqueuses et autres résiduels de la grossesse. En cas d'allaitement, les tranchées peuvent être ressenties de manière plus violentes de part la libération d'ocytocine plus importante.

Bien que cela paraisse logique cette histoire taille et tout et tout je ne m'attendais pas du tout à ça.

Après l'accouchement de Princesse je m'attendais bien aux  lochies, aux gaz post césarienne et aux tranchées mais je ne m'attendais pas à ce qu'elles soient aussi intenses!

Et oui, voilà encore une chose qu'on se garde bien de partager... A chaque accouchement les tranchées sont plus douloureuses que celles de la grossesse précédente...

J'ai donc sérieusement morflé, ceci étant accentué par le fait que je suis hyper algique.

En bonne copine, je vous annonce la couleur pour que vous ne soyez pas surprise lors de l'accouchement de votre deuxième (au troisième vous irez à la maternité en connaissance de cause )

mardi 31 janvier 2017

12/12/2016

Bonjour

Pour celles qui me lisent depuis longtemps et celles/ceux qui me connaissent en vrai, le 12/12 dit peut être quelque chose.

Aussi loin que je m'en souvienne, mon rêve de famille était d'avoir deux enfants et de préférence des filles. Non pas que j'ai un truc contre les garçons mais pour moi c'était ma version de la famille parfaite et ça tombe bien car Chéri est du genre aussi à préférer avoir des filles.

Comme j'en ai déjà parlé PetiteFée est née suite à un parcours de PMA et l'insémination qui a marché à eu lieu le 12/12/2012. J'ai donc pris comme un sacré clin d'œil du destin que la date prévisionnelle d'accouchement soit fixée au 12/12 aussi. Et j'ai eu la chance d'accoucher à cette date 💖. Pour moi cela bouclait la boucle. J'ai eu mes deux enfants, deux filles et la date "d'entrée" de l'une est aussi la date de "sortie" de l'autre.

Dans les faits c'était un peu moins idyllique. J'ai accouché à 3h51 de Princesse qui a dû tout de suite être prise en charge par une équipe de néonatalogie. À cause de mon "malaise" je ne l'ai pas vue naître comme j'en ai déjà parlé. Du coup notre première rencontre n'a eu lieu qu'à18h. J'ai eu le droit à des photos faites par Chéri qui lui avait pu la voir tout de suite et dans l'après midi une charmante personne du service gynécologie  a eu la gentillesse d'aller en néonatalogie pour prendre des photos de ma fille.

Malgré les fils qui reliaient Princesse à tout un tas d'équipements, notre première rencontre a été magique. Un autre coup de foudre pour cette toute petite chose (mais en vrai pas petite du tout) qui avait l'air si vulnérable avec tous les appareils autour d'elle. Nous avons pu faire du peau à peau et un semblant de tétée car avec sa sonde elle avait un fort réflexe vomitif.

Pour moi c'était bon, j'avais enfin vu ma fille c'était tout ce qui comptait

vendredi 27 janvier 2017

Mon accouchement partie 2

Bonjour

Voici la suite et fin de mon récit

Donc nous en étions au moment où la gynécologue m'annonce qu'il faut passer par la case césarienne. Je suis fort déçue, mes rêves d'accouchement "naturel" s'envolent, je pleure et je demande si Chéri peut assister comme pour la première fois mais on me répond non. 
Je l'embrasse et me voici en direction du bloc opératoire.

Je les vois tous s'agiter autour de moi, personne ne m'explique quoi que ce soit. On me demande de bouger pour m'installer sur la table d'opération, je ne peux pas. Ils me portent, installent leur équipement. L'anesthésiste me prévient quand même qu'il va "corriger" la péridurale pour anesthésier correctement le corps.

La gynécologue est déjà en train de débuter son travail, le temps presse, je ne le sais pas mais bébé à avalé une bonne quantité de méconium et souffre d'hypoxie (manque d'oxygène). Elle n'arrive pas à ouvrir et me demande si elle peut faire une deuxième césarienne. À moitié stone je lui réponds qu'il faut bien que bébé sorte. On expliquera plus tard à Chéri (mais aucune explication directe ne m'a été faite) que suite à la dernière césarienne les chairs avaient collées ente elles  et que du coup il était impossible d'ouvrir correctement. 

Petite aparté : depuis 3 ans je sentais bien qu'il y avait un truc de bizarre à cet endroit là. Lorsque j'en ai parlé à des professionnels il m'a juste été répondu que tout était normal et que mes sensations bizarres étaient justes dues au fait que j'avais mal vécu ma césarienne. Au final je ne suis pas folle...

J'ai commencé à ressentir des sensations bizarre, j'étouffais. J'ai dit à l'anesthésiste que ça n'allait pas et que je n'arrivais pas à respirer. Il m'a été répondu que mes constantes étaient bonnes et que tout était dû à mon stress. J'ai insisté mais pas très longtemps car j'ai fait un malaise. J'ai ouvert les yeux 4h plus tard, n'ayant rien vu et rien vécu de la naissance de ma fille. Non seulement je n'ai pas accouché comme je le voulais mais je n'ai même pas vu mon bébé naître. J'ai très très mal vécu les choses et je pense que cela restera une blessure pour tout le reste de ma vie. J'avais tellement d'espoir, trop sûrement dans cette naissance que ne rien vivre du tout c'est juste atroce pour moi. Qu'on ne me dise pas que le principal est que tout le monde aille bien au final, cela je le sais mais ca n'enlève rien à mes sentiments.

À mon réveil j'ai vu l'anesthésiste qui m'a expliqué que j'avais fait une tres violente réaction allergique à l'anesthésie et qu'ils avaient eu du mal à me récupérer. Il m'a même dit " la prochaine fois ce n'est pas sûre que vous vous en sortiez vivante"... Bien bien bien...

Voilà donc comment s'est passé mon accouchement et j'en garde un très très mauvais souvenir avec une sensation d'inachevé .

jeudi 26 janvier 2017

Mon accouchement partie 1

Bonjour

Je vais me lancer dans un récit un peu décousu mais mes souvenirs le sont. 

Donc le 11 décembre en fin de journée mes contractions se sont accentuées. J'ai appelé ma sœur et à 22h nous voici à l'hôpital.

La sage femme qui nous a pris en charge nous a conduit directement en salle d'accouchement. Mes contractions étaient douloureuses et régulières. Compte-tenu que la veille tout était fermé le travail avait été bien actif.

J'ai expliqué à la sage-femme mon projet d'accouchement qui consistait en le moins possible de médication. Nous avons mis en place un monitoring qui a montré des contractions de fortes intensités et un bébé en bonne forme.

J'ai eu le droit à du spasfon quand même pour aider à faire passer les choses car j'avais du mal à tenir la douleur. Elle m'a aussi proposé le ballon qui a aidé à la rupture complète de la poche des eaux qui a eu lieu très peu avant minuit (pendant que je regardais "Breaking bad"). L'autre monitoring a montré que les contractions arrivaient par groupe et sans pause. Il s'agit d'une anomalie dont je ne me souviens plus le nom qui a pour conséquence outre une fatigue/douleur accrue pour la mère et une souffrance accrue pour le bébé qui n'a pas de pause pour reprendre. J'ai eu la piscine d'eau chaude qui n'a absolument rien calmé.

Malgré mes projets, lorsque l'on m'a suggéré de passer par la péridurale j'ai accepté. L'anesthésiste qui est venu était un gounafier de première qui m'a enguirlandée car je ne prenais pas la bonne position et m'a dit que je lui faisais perdre son temps et que si je continuais à être aussi peu coopérative il allait partir et me laisser souffrir. J'ai eu de la chance d'avoir une gentille infirmière à ce moment là qui m'a chuchoté dans l'oreille "laissez tomber c'est un con"

Après la péridurale j'étais bien 😬😬😬. Je ne sentais plus rien et je n'arrivais plus a bouger. Le personnel médical est venu, les contractions continuaient mais le travail n'avançait pas malgré l'homéopathie et l'acupuncture qui ont été tentées. De mon coté je ne sentais qu'une intense envie de dormir. Lorsque j'ai vu que plusieurs personnes étaient dans ma salle, je me souviens avoir pensé " ca pue pour mon matricule" et en effet la gynécologue m'a dit que le bébé etait en souffrance et qu'il fallait passer par la césarienne 

mardi 10 janvier 2017

L'avant accouchement

Bonjour

Tout d'abord vu que c'est ma premier article de cette année je vous présente mes meilleurs vœux 

Je vais revenir sur la période pré accouchement 

Le 8 décembre j'ai eu mon rdv de vérification chez la gynécologue. Celle-ci m'a annoncée que si je n'accouchais pas "spontanément" j'allais être déclenchée le 16 décembre. Autant dire que je suis passée en mode panique car je voulais un accouchement le plus physiologique possible et débuter par un déclenchement rend cela impossible.

Nous sommes donc passé en mode "suivi intensif" avec programmation d'un rendez-vous de contrôle et d'un monitoring le 10 puis le 12 et le 14.

Le 8 en sortant du rendez-vous j'ai été arpenter en long en large un centre commercial pour essayer de forcer les choses.

Le 9 j'ai conduit Chéri un peu loin de la maison 

Du coup le 10 je suis arrivée pleine d'espoir au rdv de contrôle. Le monitoring a montré que bébé allait bien. L'examen de contrôle quant à lui a montré que le col était tonique et bien fermé 😫

En sortant j'ai proposé à ma sœur de nous accompagner PetiteFée et moi voir les vitrines aux galeries Lafayette et au Printemps. Cela nous a fait une belle promenade de 3h en tout avec prise des transports en commun et pause goûter. J'ai eu la chance de croiser des gens tres compatissants durant cette balade et ainsi par exemple de ne pas faire la queue aux toilettes 😁
Le soir toujours rien... Pas l'ombre d'une contraction... Rien de que dalle..

Dimanche 11 décembre je propose à Chéri d'aller tous les 3 au restaurant histoire de sortir et de marcher un peu. 
Nous avons été à Aeroville manger puis pendant que Chéri et PetiteFée attendaient leur tour pour poser des questions chez Free je faisais des aller-retour dans les allées. 

Nous sommes rentrés et toujours rien.

Vers 17h j'ai commencé à sentir des contractions. J'ai appelé ma sœur en lui disant de se dépêcher . Mais elle m'a dit "oui enfin comme la dernière fois... Je finis mes courses et je viens après"
Plus le temps passait et plus elles s'accentuaient.

J'ai tenté le spasfon et le bain chaud mais rien ne calmait les choses.

C'est bon le travail avait enfin commencé, le mode 🐳  passe enfin en off