La question peut sembler bizarre car comment faire un déni alors qu'on le sait? Cela ne semble pas possible et pourtant c'est ce que m'a dit ma psy durant une séance "Vous faites une variante du déni de grossesse"!
J'ai été un peu choquée de ces paroles. Je suis loin d'être une gamine qui ne connaît pas son corps, je ne me pense pas non plus spécialement instable pour ne pas me rendre compte de certaines choses. Mais dans le déni de grossesse, il y a aussi et surtout la forme psychologique.
C'est sur celle-là que je vais m'attarder.
Comme vous le savez si vous avez lu les autres articles je n'ai pas appris tôt que j'étais enceinte. Du fait de mes règles très irrégulières et de mon "infertilité" , cette éventualité me paraissait peu crédible. Ajoutez à cela des tests de grossesse qui se sont révélés négatifs alors que j'étais déjà enceinte et vous avez un premier pas vers un problème.
Ensuite, tout le début de la grossesse a été très dur, du fait de la réaction de Chéri. Il apparaît compliqué de s'épanouir enceinte lorsque la personne avec qui l'on partage son quotidien refuse cet état de fait.
Est-ce la conséquence ou non, le fait est que j'ai eu très tard des signes visibles de grossesse. Alors que je pensais qu'une deuxième se voyait beaucoup plus rapidement qu'une première, je n'ai réellement commencé à avoir un petit ventre qu'après la vingtième semaine.
Durant tout ce temps, je culpabilisais d'avoir choisi d'imposer cette grossesse à Chéri et d'après la psy, en réaction de "protection" car le quotidien était assez difficile à vivre, mon corps a masqué le développement de l'enfant. J'ai pu ainsi sans aucune difficulté continuer à m'habiller avec les mêmes vêtements qu'avant la grossesse, faire ma vie au boulot comme en extérieur sans en parler à grand monde et sans remarques car personne ne se doutait de rien.
Néanmoins, mi-juillet, j'ai décidé qu'il était temps pour moi d'en parler et d'annoncer cette "bonne nouvelle" au moins à mes collègues de travail. A l'occasion d'un pot j'ai donc fait mon coming out.
Cette grossesse, par sa verbalisation, devenait une réalité assumée. Et dans la même lancée, en quelques jours à peine, je me suis retrouvée avec un joli ventre arrondi correspondant totalement à mon état.
J'avais décidé d'être heureuse d'être enceinte, d'assumer aux yeux de tous d'avoir désiré cet enfant et mon corps du coup a enfin reflété cet acceptation psychique de façon physique.
J'ai recherché sur le net mais je n'ai quasiment pas trouvé de témoignages dans ce sens. Pourtant je ne pense pas être la seule à qui cela est arrivé. Il y a derrière tout cela une très forte part de culpabilisation de ne pas être heureuse et épanouie d'une grossesse et j'ai décidé d'en parler car il n'y a pas de raisons de s'en vouloir.
